Dans l’Ukraine attaquée par la Russie : des cours de survie destinés aux femmes

Face à la crise en Ukraine, les femmes apprennent à survivre en situation de conflit. La Garde des femmes ukrainiennes, fondée en 2014 par l’avocate Olena Biletska, organise des formations pour les femmes sur les bases militaires de l’autodéfense et des techniques de survie. Le réseau de résistance leur enseigne comment se coordonner et agir en cas d’urgence pour tenir avec leur famille pendant les combats. Quelques 30.000 femmes ont déjà été formées à réagir dans une ville en guerre sachant que l’armée russe est une des plus puissante au monde.
Lorsque le conflit éclate en 2014, dans la région orientale du Donbass, Oksana et son mari chargent quelques affaires dans une voiture et mettent le cap sur la ville de Dnipro, dans le centre de l’Ukraine. Quelques semaines plus tard, des combats sanglants atteignent les rues de leur ville natale de Donetsk qu’ils ont fui.
Vivant aujourd’hui à Kiev, face à une attaque d’envergure imminente, cette fois, Oksana veut rester, explique-t-elle sur sa page Facebook. Alors que certains civils se sont portés volontaires pour rejoindre la Force de défense territoriale ukrainienne, elle vient de participer, avec 200 autres personnes dans une salle de conférence à Kiev, à un cours de survie pour les femmes.
La Garde des femmes ukrainiennes est l’un des nombreux groupes qui, ces dernières semaines, ont réactivé leurs activités face à la menace d’une offensive russe majeure. Le réseau de résistance avait activement enseigné les techniques de survie aux femmes civiles jusqu’en 2018, période à laquelle les demandes de formation s’étaient éteintes. Depuis quelques semaines, les participantes affluent à nouveau.

Être en alerte permanente
Les cours d’urgence de guerre donnés par des instructeur de formation militaire, tel que Viktor Kraevsky, permettent avant tout de prendre conscience de la possibilité d’un danger, d’envisager des scénarios d’événements possibles et de créer un plan pour chaque scénario. La formation a été développée sur base de l’expérience tirée de cas pratiques réels, comme le siège de Sarajevo, de 1992 à 1994, qui fut le plus long d’une capitale de l’histoire de la guerre moderne.
« Être dans une ville pendant des hostilités est extrêmement dangereux, mais s’enfuir quand tout le monde s’enfuit comporte aussi des risques, surtout si cela tire et que les gens paniquent », explique le formateur. « Je ne peux vous conseiller de partir ou de rester. C’est un choix personnel. Mais si vous restez, si vous êtes deux, le risque de se retrouver dans une situation dangereuse est beaucoup plus faible que si vous êtes seules. Et si vous êtes trois, les risques sont réduits de 90 % ».
Viktor Kraevsky conseille ainsi à celles qui restent dans les villes sujettes à des tirs, de couvrir les fenêtres avec de lourdes couvertures, cela réduit le risque de blessure au verre. Le siège d’une ville peut durer longtemps, la nourriture peut se raréfier, l’électricité et le chauffage peuvent être coupés par moment.
L’homme poursuit : « Regroupez-vous avec des voisins pour partager les vivres dans des grands chaudrons communs et économiser l’énergie, recouvrez-vous de cartons, comme les SDF dans la rue, cela tient chaud. Lubrifiez également le corps des enfants avec de la vaseline pour une meilleure rétention de la chaleur. S’il n’y a plus d’eau pour tirer la chasse, pensez à jeter les matières fécales à l’extérieur, autrement toute la famille aura des infections intestinales endéans une semaine ».
Durant ces quelques heures de cours, Viktor Kraevsky forme aux premiers secours. Il suggère aussi aux participantes d’assurer des tours de garde du domicile pour ne pas donner l’occasion aux pillards qui sévissent dans les villes en guerre de vider la maison. Et puis, à celles qui le peuvent, il invite à s’armer d’une arme ou de tout outil ménager susceptible de le devenir…
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