GEEK

Censure de l’info et médias sociaux : les Russes se ruent sur les VPN


Depuis l’invasion russe en Ukraine, s’informer devient de plus en plus difficile pour les citoyens russes. Le Kremlin a interdit la plupart des chaînes d’information et les applications de médias sociaux. Est également passible de 15 ans d’emprisonnement quiconque, journaliste ou citoyen, qui diffuse de « fausses informations ». Comprenez, des informations qui ne correspondent pas à la version officielle du gouvernement. Pour contourner la censure, les citoyens russes se sont instantanément tournés vers les VPN, passant de 16.000 téléchargements d’applis mobiles de VPN par jour à 700.000.

Depuis que la Russie a envahi l’Ukraine, le gouvernement russe a rendu extrêmement difficile à ses habitants de regarder et d’écouter les nouvelles en provenance du monde extérieur. Les médias russes sont bâillonnés et des centaines de sites web et plateformes ont été bloqués (Link vers : https://docs.google.com/spreadsheets/d/1KN3isOEE7A4vBL9-QbEd-gQUgYcg4Hn50pKHJ75SS-A/edit#gid=0), tels que la BBC News, Bloomberg, Deutsche Welle, le site indépendant Meduza et Radio Svoboda, mais aussi Facebook, Twitter, Instagram. La raison en est simple, rien que pour Facebook, selon un graphique d’AppFigures, les téléchargements de Facebook ont doublé au cours de la première semaine de l’invasion. Le nombre total de téléchargements est passé de 12.000 par jour à 22.000 en moins de 5 jours.

15 ans de prison pour « fausses informations »

Le Parlement russe a aussi resserré l’étau de son contrôle de l’information. Une loi « anti fake news » infligeant de lourdes peines aux auteurs de « fausses informations » a été adoptée à l’unanimité en troisième lecture par la chambre basse du Parlement. Elle ne concerne pas seulement les journalistes, mais toute la population sur les réseaux sociaux comme dans la rue.

Copyright : Le vote à la Douma, la chambre basse de l’Assemblée fédérale de la Fédération de RussieLe texte de loi prévoit des amendes pour toute personne publiant des « informations mensongères » sur l’armée. Quinze ans de prison peuvent être requis dans le cas où les « informations mensongères » entraînent des « conséquences sérieuses » pour les forces armées russes.
Pour autant, les citoyens russes ne se laissent pas faire. Afin de contourner cette censure, ils installent massivement des VPN.

Les VPN ont la cote

Selon Top10vpn.com, la demande de VPN a augmenté d’environ 1000 % entre le 24 février et le 14 mars. Les analystes d’Appfigures constatent même une croissance de 1268 % dans les téléchargements d’applications VPN. En tête de classement figurent des offres relativement peu connues, à savoir « Secure VPN », « VPN Proxy Master » et « VPN – fast, private & secure ».

En informatique, un réseau privé virtuel ou réseau virtuel privé, plus communément abrégé en VPN, est un système permettant de créer un lien direct entre des ordinateurs distants, qui isole leurs échanges du reste du trafic se déroulant sur des réseaux de télécommunication publics. L’objectif principal du VPN est de cacher l’activité en ligne d’une personne. Il empêche également l’adresse IP d’une personne d’être révélée aux sites Web qu’elle visite. En résumé, utiliser un VPN c’est devenir anonyme, c’est pouvoir lire et télécharger librement et anonymement tous les contenus mis à disposition sur la toile.

Le régulateur russe Roskomnadzor ne voit pas cette ruée vers les VPN d’un très bon œil. Il a d’ores et déjà forcé Google à déréférencer l’ensemble des URL pointant vers des VPN. L’étape suivante serait l’interdiction pure et simple faite aux internautes russes sous peine de sanctions.