Découvrez les détails du plan de relance wallon qui a mobilisé Gouvernement et partenaires sociaux

Journaliste – Rédacteur en chef.
Le Gouvernement wallon et les partenaires sociaux présentent l'accord sur le plan de relance. BELGAL’exécutif wallon, les syndicats, les patrons et IEW ont présenté lundi quatre programmes d’actions visant à doper l’économie, la formation et l’emploi. Il est doté d’un budget de 2,5 milliards d’euros. La démarche est inédite et mise sur la co-construction en associant tous les partenaires dans un objectif commun. Un comité de suivi est mis en place pour veiller à la concrétisation des 42 différents projets prioritaires, de même que des indicateurs de performance (KPI’s) pour mesurer leur efficacité. Le ministre-Président a précisé que la réalisation des projets n’est pas nécessairement calée sur la législature et que certains dépasseraient l’échéance de 2024. C’est une grande avancée, dit Didier Paquot, ancien directeur de département (économie, R&D, affaires européennes) de l’Union wallonne des entreprises (UWE) et aujourd’hui chief economist de l’Institut Jules Destrée. Découvrez les projets du plan de relance et leur chiffrage.
Exercice inédit en Wallonie. Le Gouvernement wallon et les partenaires sociaux (patrons et syndicats) et les associations environnementales ont présenté ensemble un paquet de mesures visant à relancer l’économie et l’emploi dans le sud du pays. Il s’agit d’une première qui réjouit le ministre-Président wallon qui n’a pas manqué de le souligner. « Je suis heureux que les partenaires sociaux et environnementaux se soient joints à la démarche, une dynamique positive est née. C’est un travail inédit : nous avons regroupé les projets qui nous paraissaient prioritaires et qui tirent vers le haut d’autres projets », a commenté Elio Di Rupo, (PS), ministre-Président wallon, lors de la présentation. Il rappelle au passage que la Wallonie peut s’inspirer de l’exemple flamand en se serrant les coudes autour d’un objectif commun sans nécessairement faire la même chose en la matière.
Nous avons regroupé les projets qui nous paraissaient prioritaires et qui tirent vers le haut d’autres projets.
Concrètement, les parties ont élaboré quatre programmes d’actions prioritaires avec des budgets dédicacés : lutte contre la précarité (437,14 millions d’euros), politique économique et industrielle forte et durable (470 millions), renforcer l’indépendance et la transition énergétique (1,31 milliard), la formation (278,37 millions). Les quatre programmes sont déclinés en 42 projets formant le plan de relance, le tout doté d’un budget de 2,5 milliards d’euros. Secrétaire général de la FGTB wallonne, Jean-François Tamelini a rappelé que « l’exercice n’était pas simple », mais il en valait la peine. Car, il est aussi question de relocalisation d’activités en Wallonie. D’après lui, les partenaires ont fait preuve de maturité pour dépasser leurs différends. Aux côtés de Marc Becker, secrétaire national de la CSC, il a insisté sur le fait que l’exercice a abouti à un « décloisonnement des projets pour les rendre transversaux » avec comme leitmotiv : cohérence, transversalité, équilibre et trajectoire. « Nous prenons très au sérieux ce processus de co-construction. Les retombées du plan doivent permettre le redressement durable de la Région notamment en termes de création d’emplois de qualité et de sortie de la précarité », ont précisé Jean-François Tamelini et Marc Becker.
Emploi, formation et durabilité
Les défis énergétiques héritent de plus de la moitié du budget consacré aux 42 projets (1,312 milliards). Parmi les projets devant garantir la transition énergétique, on retrouve l’ambition des partenaires de rénover 25.000 logements d’utilité publique (721 millions), des rénovations énergétiques du bâti (401,9 millions) et la création de communauté d’énergie renouvelable. Directrice générale d’Inter-Environnement Wallonie (IEW), Sylvie Meekers se réjouit de constater que l’enjeu environnemental figure désormais à une bonne place des préoccupations. « Au delà d’un plan de relance, nous voulons voir, dans la proposition faite aujourd’hui, l’ébauche d’un véritable plan de transition vers une société prospère et juste qui s’inscrit dans les limites de notre planète », dit-elle.
Nous voulons voir, dans la proposition faite aujourd’hui, l’ébauche d’un véritable plan de transition vers une société prospère et juste qui s’inscrit dans les limites de notre planète.
Le patronat wallon affiche aussi sa satisfaction devant la démarche et les axes identifiés, lesquels font la part belle à la Recherche et développement (R&D), l’emploi et la formation. Par ailleurs, dans le programme concernant une politique industrielle forte, figure une réforme des procédures pour faciliter l’accès des PME/TPE aux marchés publics, le soutien au déploiement des technologies de l’industrie 4.0 et l’engagement d’aider le secteur touristique dans la transition digitale. Les programmes d’actions prioritaires, qui recentrent le Plan de Relance, peuvent y concourir en créant des opportunités fortes et durables pour les entreprises, des plus petites au plus grandes, et pour les indépendants en Wallonie. Nous nous réjouissons que ces priorités aient été identifiées unanimement dans le cadre d’une concertation inédite, fructueuse, équilibrée et responsable des parties prenantes », commentent Olivier De Wasseige et Arnaud Deplae, respectivement administrateur délégué de l’Union wallonne des entreprises (UWE) et secrétaire général de l’Union des classes moyennes (UCM).
Didier Paquot, chief economist de l'Institut Jules Destrée. D.R.Faudra garantir la transparence
Un comité d’action sera mis en place pour assurer le suivi de la concrétisation des projets et, si possible, suggérer des adaptations. Le ministre-Président, Elio Di Rupo, a indiqué que les projets ne se limitent pas à la législature et que leur concrétisation pourrait dépasser l’échéance de 2024. Le ministre wallon de l’Economie, Willy Borsus (MR) a rappelé la mise en place d’indicateurs de performance qui permettront de juger de l’efficacité des mesures et d’évaluer les retombées.
Il faudra aussi assurer une grande transparence autour de ce plan de relance et de ses retombées pour que tout le monde, y compris la population et le Parlement de Wallonie, puisse juger du travail réalisé.
Contacté par nos soins, Didier Paquot, ancien directeur de département à l’UWE (économie, R&D, affaires européennes) et aujourd’hui, chief economist de l’Institut Jules Destrée, salue le travail réalisé. « C’est un grand pas en avant, une démarche positive à laquelle je rêve depuis une vingtaine d’années », dit-il. « De mémoire, il n’y a eu que trois pays qui ont signé de tels grands accords (gouvernement-partenaires sociaux) et qui ont abouti à leur renouveau économique. Cela s’est passé dans les années 1990-2000. Il s’agit du Danemark, de l’Allemagne et des Pays-Bas », poursuit Didier Paquot. « La mise d’un comité d’action et des KPI’s sont une bonne chose. Reste à voir maintenant si ce comité, qui se réunira tous les deux mois, aura une réelle influence sur la dynamique. Il faudra aussi assurer une grande transparence autour de ce plan de relance et de ses retombées pour que tout le monde, y compris la population et le Parlement de Wallonie, puisse juger du travail réalisé », conclut l’économiste.
Retrouver ici les détails du plan de relance wallon : https://dirupo.wallonie.be/files/Divers/De%cc%81claration%20commune%20sur%20les%20priorite%cc%81s%20du%20Plan%20de%20relance%20wallon.pdf
