La propagande militaire sévit des deux côtés de la frontière. Si l’armée russe se met abondamment en scène dans chaque ville assiégée, les Ukrainiens n’hésitent pas à répliquer en image. Pour Human Right Watch, la publication de vidéos montrant des soldats russes capturés viole leurs droits. L’ONG demande à l’Ukraine de cesser de les mettre en scène. Une position partagée par Amnesty International. Le conflit armé est régi par le droit international humanitaire. Toutes les parties ont l’obligation de faire à tout moment la distinction entre civils et combattants, de prendre des précautions pour protéger les civils et de respecter les droits des combattants capturés.
Des humiliations publiques
Depuis le début de la guerre, les autorités ukrainiennes ont amené plusieurs prisonniers russes à des conférences de presse, forcés de livrer un repentir public, une instrumentalisation qui a été dénoncée par le CICR, le Comité international de la Croix-Rouge, lequel a rappelé que les ennemis capturés devaient être traité avec dignité.
De nombreuses vidéos montrant des soldats capturés ont également été partagées sur les réseaux sociaux. De leur côté, les unités russes glorifie à tout va leur offensive en paradant sur leurs chars à chaque entrée dans une ville et les prisonniers de guerre ukrainiens sont aussi exhibés sur Tik Tok et Instagram. Des vidéos plus insoutenables, dont la véracité est encore à démontrer, montrent aussi des soldats des deux camps se faire torturer.
Réelle ou pas, ces images, à tout le moins virales, sont non conformes au droit international. De tels traitements infligés aux prisonniers de guerre violent les protections prévues par les conventions de Genève. « L’obligation de protéger les prisonniers de guerre de la curiosité du public, ainsi que de les préserver des intimidations ou humiliations fait partie des choses requises pour leur assurer un traitement humain et protéger leurs familles », déclare dans un communiqué, Aisling Reidy, conseillère juridique de Human Right Watch.
« Toute apparition en public est susceptible d’exposer les prisonniers de guerre au danger lorsqu’ils seront renvoyés dans leur pays d’origine. Il incombe à la puissance détentrice de veiller à ce que les droits de ces prisonniers soient pleinement respectés, conformément à l’article 13 de la Troisième Convention de Genève », précise Amnesty International.
Copyright : Un soldat russe fait prisonnier par les Ukrainiens, filmé en train d’appeler sa mère – capture d’écran Twitter
Les règles visant expressément à protéger les prisonniers de guerre ont été énoncées pour la première fois de manière détaillée dans la Convention de Genève de 1929. Elles ont ensuite été affinées dans la Troisième Convention de Genève de 1949, sur la base des leçons tirées de la Seconde Guerre mondiale, ainsi que dans le Protocole additionnel I de 1977.
Ainsi, « les prisonniers de guerre ne peuvent être poursuivis du fait de leur participation directe aux hostilités. Leur détention n’équivaut pas à une sanction. Elle ne vise qu’à les empêcher de continuer à participer au conflit. Ils doivent être libérés et rapatriés sans tarder dès la fin des hostilités. La puissance détentrice peut les poursuivre en justice pour d’éventuels crimes de guerre, mais pas pour des actes de violence licites en droit international humanitaire ».
Copyright : une conférence de presse des autorité ukrainiennes – capture d’écran YouTube
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