ECONOMIE

Emploi : plus de licenciement collectif en Flandre qu’en Wallonie durant le premier trimestre 2022


Le SPF Emploi vient de publier de nouvelles statistiques relatives aux restructurations durant ce premier trimestre 2022. Il en ressort que depuis le mois de janvier, 13 sociétés ont débuté une procédure Renault (information et de consultation) dans le cadre d’un licenciement collectif. 9 autres ont clôturé leur procédure d’information et de consultation et vont pouvoir entrer dans la seconde phase. L’annonce des 13 entreprises ayant initié la première phase vise 760 travailleurs dont 472 personnes en Flandre et 288 en Wallonie.

En ce début de second trimestre, le SPF Emploi vient de dresser un premier bilan statistique relatif aux projets de restructurations émises durant les trois premiers mois de l’année. On apprend ainsi qu’entre janvier et mars dernier, 13 sociétés ont entamé la première phase de la procédure Renault, soit l’annonce d’une intention de licenciements collectifs (phase d’information et de consultation). Durant la même période, 9 autres entreprises ont clôturé cette première phase. L’annonce des 13 entreprises concerne un total de 760 travailleurs, dont  288 personnes en Wallonie et 472 travailleurs en Flandre.

Durant ce premier trimestre, 9 entreprises ont clôturé la procédure d’information et de consultation. Deux en janvier, trois en février et quatre au mois de mars.
Le tableau suivant  indique le pourcentage par région, du nombre de travailleurs concernés par une annonce d’intention de procéder à un licenciement collectif, la province d’Anvers apparait comme la plus affectée en Flandre. Et il en va de même pour le Hainaut en Wallonie.

Le transport, l’agro-alimentaire et le secteur de la pierre impactés

En matière de secteur à risque concerné par un éventuel licenciement collectif, le secteur de l’industrie de la Pierre apparait le plus concerné avec 207 travailleurs concernés par annonce d’intention  de procéder à un licenciement collectif de janvier à mars. Vient ensuite le secteur du transport, du textile et de l’agro-alimentaire.

Par ailleurs, durant le premier trimestre, 9 entreprises ont clôturé la première phase de la procédure Renault et lors de l’annonce de leur intention, 379 travailleurs étaient concernés par le licenciement collectif. Mais à l’issue de la clôture de la procédure d’information et de consultation, le chiffre est tombé à 369 travailleurs. Pour rappel, 30 jours après l’envoi de la notification d’un projet de licenciement, l’employeur peut procéder au licenciement effectif des travailleurs visés.

La Wallonie s’en sort bien au final

Concernant les entreprises ayant notifié leur procédure d’information et de consultation entre janvier et mars dernier, on relève qu’à Bruxelles, les annonces de procéder à des licenciements ne concerneraient que 15 travailleurs, 13 demeurent visés par une notification de licenciement. En Flandre, les annonces d’intention concernent 364 travailleurs, pour 356 toujours dans le viseur d’une perte d’emploi.

Au cours de ce premier trimestre, un nombre relativement peu élevé  d’annonces de licenciements collectifs ont été effectuées, également par rapport au nombre de salariés  concernés.

En janvier, le SPF Emploi recevait l’annonce de 73 pertes d’emploi de la part du fabricant de batteries Advanced Power Solutions à Tessenderlo. Allaient suivre, les annonces de la boulangerie industrielle Lantmännen à Londerzeel et à Bruxelles avec 69 pertes d’emploi annoncées et enfin, celle de l’entreprise de mode Kontoor à Anvers avec 114 pertes d’emploi.

En février, le fabricant de pare-brise AGC Automotive à Fleurus a mis à jour son annonce déposée en septembre 2021. Initialement, l’entrepreneur avait été émis le projet de suppression de 40 emplois. Désormais la fermeture du site a été annoncée, avec la suppression totale de 171 emplois.

Le patron du groupe lors de l’inauguration de la dernière boulangerie en 2016 à Londerzeel.

Enfin, l’annonce de la fermeture  en septembre dernier, du centre logistique de Nivelles par la société de transport Kuehne+Nagel,  a également eu des répercussion sur ses sous-traitants. En février dernier, on apprenait qu’une entreprise de transport liée au site annonçait la suppression de 117 emplois.

Vers des licenciements réels en Flandre?

Parmi les 9 entreprises ayant clôturé leur procédure d’information et de consultation dans le courant de ce premier trimestre, par province, le rapport entre le nombre de travailleurs concernés par une annonce d’intention et ceux concernés par une notification de projet de licenciement collectif se présente comme suit :

L’analyse récente du SPF Emploi indique encore qu’un tiers de l’ensemble des procédures notifiées l’ont été dans un délai inférieur à 60 jours. Et un peu plus de trois quart des procédures d’informations et de consultations ont été notifiées endéans les trois mois. Soit, la durée moyenne de clôture de la procédure d’information et de consultation durant les trois premiers mois de l’année est de 69 jours.

A noter enfin, que contrairement à l’annonce de licenciement collectif, la notification est plus concrète. L’entreprise fournit le modèle de formulaire en y indiquant le nombre de femmes et d’hommes qui seront concernés par la notification d’un projet de licenciement collectif.

Le graphiques suivant réparti les notifications de licenciements collectifs en fonction du genre, selon le mois, la région, la province et le secteur. Pour la période janvier à mars 2022, 211 hommes sont concernés par un licenciement collectif, contre 113 femmes.

Le vrai risque de perte d’emploi touche aussi Bruxelles-Capitale

Enfin, la Flandre et Bruxelles, dans une moindre mesure semble davantage concernées par le risque de licenciements collectifs.
Puisque, selon une analyse par Région, il ressort encore que selon le nombre de procédures clôturées, le nombre de travailleurs concernés par une notification de projet de licenciement s’élève à 311 travailleurs en Flandre pour 13 à Bruxelles. Et pas en Wallonie.

Là encore, la province d’Anvers et la Flandre orientale sont les plus concernées. Au même titre que le secteur du textile (114 travailleurs concernés par un risque de perte d’emploi), le secteur de l’infographie/médias (77 travailleurs) et, dans une moindre mesure celui de la Distribution (45 travailleurs).

Au premier trimestre 2022, le SPF Emploi recevait la notification de l’entreprise d’impression de journaux DPG Media (site EPC à Lokeren) qui avait annoncé préalablement le licenciement collectif de 78 emplois (au final il s’agira de 77 emplois perdus). Fin mars, l’entreprise anversoise de textile, Kontoor, a confirmé  l’annonce  faite en janvier de supprimer à termes 114 emplois.

Au regard de l’ensemble des secteurs qui ont souffert par deux années de crise et de pandémie, on peut voir en ces chiffres peu de drames sociaux tels qu’on en a encore connu. Mais il ne s’agit là que d’un bilan statistique ne s’appuyant que sur les trois premiers mois de l’année.