GUERRE EN UKRAINE

La CIA s’inquiète du risque de revanche nucléaire de la part de Poutine

Belga

Alors qu’on apprenait hier soir que le navire Moskva, élément-clé des efforts russes pour établir une domination navale en mer Noire, endommagé mercredi par l’armée ukrainienne avait coulé, de fortes explosions ont été entendues la nuit dernière à Kherson, Kiev et aux alentours de la capitale ukrainienne, selon les médias locaux. Selon le chef de la CIA, William Burns, les revers militaires en Ukraine pourraient inciter Vladimir Poutine à recourir à une arme nucléaire tactique ou de faible puissance. Le désespoir du chef du Kremlin pourrait-il mener au pire?

Dans la nuit de mercredi à jeudi, le ministère russe de la Défense a reconnu que le Moskva, ce navire lance-missiles de 186 mètres de long, avait été « gravement endommagé » par un incendie provoquant l’explosion de munitions à bord. L’équipage de plus de 500 hommes avait dû être évacué.
Pour le Pentagone, cibler et parvenir à faire couler le navire Moskva est un coup dur pour la flotte russe présente dans la région. Selon le porte-parole du Pentagone, John Kirby, cet incident aura « des conséquences sur les capacités de combat des Russes, car le navire était un élément-clé de leurs efforts pour établir une domination navale en mer Noire ».

L’inquiétude gagne les rangs outre Atlantique

Ce matin, la CIA se dit inquiète. « Vu qu’il est possible que le président Poutine et les dirigeants russes sombrent dans le désespoir, compte tenu des revers qu’ils ont subis jusqu’ici d’un point de vue militaire, aucun de nous ne peut prendre à la légère la menace que représente le recours potentiel à des armes nucléaires tactiques ou des armes nucléaires de faible puissance », a déclaré William Burns lors d’un discours à Atlanta hier soir.

Le Kremlin a évoqué la mise en alerte de ses forces nucléaires « mais nous n’avons pas vraiment constaté de signes concrets comme des déploiements ou des mesures militaires qui pourraient aggraver nos inquiétudes », a ajouté le patron de la principale agence de renseignement américaine, qui s’exprimait devant les étudiants de l’université Georgia Tech.

Le désespoir peut mener au pire

Rappelant avoir été ambassadeur des Etats-Unis à Moscou, William Burns n’a pas eu de mots assez durs pour un Vladimir Poutine considéré comme « revanchard » et « têtu », qui aurait sombré au cours des années dans un « mélange explosif de griefs, d’ambition et d’insécurité ».  « Chaque jour, Poutine démontre qu’une puissance en déclin peut être aussi déstabilisante qu’une puissance ascendante », a tenu à ajouter le patron de la CIA.

La Russie dispose de nombreuses armes nucléaires tactiques, d’une puissance inférieure à la bombe d’Hiroshima, conformément à sa doctrine « escalade-désescalade » qui consisterait à faire usage en premier d’une arme nucléaire de faible puissance pour reprendre l’avantage en cas de conflit conventionnel avec les Occidentaux.

« Il est évident que nous sommes très inquiets. Je sais que le président Biden est profondément préoccupé par le risque d’une troisième Guerre mondiale et fait tout pour éviter de parvenir au point où un conflit nucléaire deviendrait possible », a précisé William Burns.
Cette hypothèse impliquerait évidemment que « l’Otan intervienne militairement sur le terrain en Ukraine au cours de ce conflit, et ce n’est pas une chose envisagée » a encore souligné le patron de la CIA.