SOCIETE

Crise migratoire à Calais : pourquoi ne pas étendre la protection temporaire au-delà des Ukrainiens ?

Depuis le début du mois de janvier, la ville phare de la migration connaît à nouveau une explosion dramatique de tentatives de traversée de la Manche. Guillaume Gontard, sénateur de l'Isère, et l’association l’Auberge des Migrants dénoncent une politique d'immigration « absurde et inefficace », avec notamment un défaut de prise en charge des mineurs isolés et un manque d'hébergements d'urgence. Des êtres humains toujours plus nombreux sont en déshérence dans une « jungle » qui se reconstitue. Depuis le début du conflit, des millions d'Ukrainiens ont pourtant été accueillis dans plusieurs Etats-membre de l’Union. Est-ce un nouveau système à deux vitesses dans le modèle d’asile européen ou la preuve que des solutions alternatives à une Europe forteresse sont possibles ?

Des dysfonctionnements importants

Vingt-sept migrants sont décédés, le 24 novembre 2021, dans le naufrage de leur embarcation pneumatique percée au large de Calais. Ce drame est le plus meurtrier depuis l’envolée en 2018 des traversées migratoires de la Manche, face au verrouillage croissant du port de Calais et d’Eurotunnel emprunté jusque-là par les migrants tentant de rallier l’Angleterre. Qu’est ce qui a changé cinq après le démantèlement de ce qu'on appelait la « jungle de Calais », le plus grand bidonville d’Europe ? A peu près pas  grand-chose. Un sénateur écologiste français dénonce.

Au début de cette année, Guillaume Gontard, sénateur écolo de l'Isère, a visité des lieux d'accueil mis en place par la préfecture, des campements, le centre de rétention administrative (CRA) et les locaux de la Police aux frontières.
Il rapporte au Sénat avoir constaté « des dysfonctionnements », notamment au sein du CRA où des hommes Albanais, Iraniens et  Afghans étaient retenus. Les occupants se sont plaints du manque d'accès à leur téléphone, limité à une heure par jour et pour certains de violences et provocations de la part de certains agents de police. Il a également relevé un défaut de prise en charge de migrants mineurs isolés, et un manque d'hébergements d'urgence alors qu'un plan grand froid était activé après des chutes de neige.

Depuis 2008, l'Auberge des Migrants intervient auprès des exilés dans les Hauts-de-France, en apportant aide matérielle, accompagnement et défense des droits. L’association déplore également une « politique de harcèlement à la limite du droit », avec la saisie de tentes occupées par des exilés et leur déplacement quasi-quotidien pour empêcher toute installation dans la durée, alors même qu'on sait qu'ils ne feront pas demi-tour.

Copyright : Alain Rolland

Réfugiés, déplacés, migrants, quelles différences ?

Au sens de la Convention de Genève signée par plus de 150 pays le 28 juillet 1951, le terme « réfugié » s'applique à « toute personne qui [...] ,craignant avec raison d'être persécutée du fait de sa race, de sa religion, de sa nationalité, de son appartenance à un certain groupe social ou de ses opinions politiques, se trouve hors du pays dont elle a la nationalité et qui ne peut ou, du fait de cette crainte, ne veut se réclamer de la protection de ce pays ». Être « réfugié » est donc un statut reconnu juridiquement.

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