GUERRE EN UKRAINE

Economie belge : la guerre est un boulet pour la reprise et accélère l’inflation

La guerre en Ukraine assombrit les perspectives de relance. Elle survient alors que l’économie mondiale ne s’est pas encore remise de la pandémie. Ses effets se propageront à grande échelle, ce qui accentuera les pressions sur les prix et exacerbera les grandes difficultés auxquelles font face les pouvoirs publics, prédit Pierre-Olivier Gourinchas, spécialiste en macroéconomie et finance internationale et nouveau chef économiste du Fonds monétaire international (FMI). La Banque mondiale a aussi abaissé sa prévision de croissance de l’économie globale à 3,2% cette année, contre 4,1% précédemment, La Belgique est dans l’œil du cyclone. Les projections sont particulières dramatiques.

Des prévisions à la baisse

Par rapport aux prévisions de janvier, le FMI a revu à la baisse son chiffre pour la croissance mondiale, désormais de 3,6 % pour 2022 et 2023, en raison des répercussions directes de la guerre en Ukraine et des sanctions contre la Russie. « Il est en effet prévu que les deux pays connaissent une forte contraction. Les perspectives de croissance de l’Union européenne pour cette année ont été revues à la baisse de 1,1 point de pourcentage du fait des conséquences indirectes de la guerre, ce qui en fait le deuxième plus grand contributeur à la révision globale à la baisse », précise Pierre-Olivier Gourinchas

Amplification des pressions

« Les effets de la guerre, à la manière d'ondes sismiques, se propageront via les marchés des produits de base, les échanges commerciaux et les relations financières, et se feront sentir dans de nombreuses parties du monde. Étant donné que la Russie est l’un des principaux producteurs de pétrole, de gaz, de métaux, et, avec l’Ukraine, de blé et de maïs, la baisse de l’offre de ces produits de base a fait fortement augmenter leurs cours. Les pays importateurs de ces produits en Europe, dans le Caucase, en Asie centrale, au Moyen-Orient, en Afrique du Nord et en Afrique subsaharienne sont les premiers à pâtir de cette situation. Les augmentations de prix des denrées alimentaires et des combustibles vont nuire aux ménages à faible revenu dans le monde entier, y compris sur les continents américain et asiatique », poursuit Pierre-Olivier Gourinchas.

Les perspectives à moyen terme sont revues à la baisse pour tous les groupes, à l’exception des pays exportateurs de produits de base qui bénéficient de la forte augmentation des prix de l’énergie et des denrées alimentaires.

La Belgique très proche du pic

L’inflation représente désormais un danger évident et immédiat pour de nombreux pays. Toujours selon le chef économiste du FMI, la Belgique est sur la bonne voie pour afficher l’une des croissances économiques les plus faibles parmi les pays industrialisés. Cela a des implications douloureuses pour la durabilité de notre État-providence, pour les possibilités d’augmentation du pouvoir d’achat et pour le niveau général de prospérité.

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