La collaboration phygicielle : une forme hybride d’efficacité professionnelle

Depuis le début de la pandémie, le travail à distance a pris d’assaut le monde et il ne montre aucun signe de ralentissement. Mais alors que le besoin de travailler de n’importe où s’impose, il existe également un besoin de présentiel qui s’affiche incontournable. En ce sens, le phygital consiste à passer par la technologie pour faire le lien entre le monde virtuel et le monde physique. D’où le nom du principe : phy(sique)(di)gital. Si selon un rapport français du Conseil national de la productivité (CNP), le télétravail dope la productivité de 5 à 9%, une enquête de l’ Organisation de coopération et de développement économique (OCDE) estime que la fréquence optimale du travail à distance se situerait entre deux et trois jours par semaine.
Une « vieille » pratique en plein essor
Bien avant l’époque de Skype et des appels Zoom ou Teams, c’est l’ingénieur de la NASA Jack Nilles qui a jeté les bases du travail à distance moderne en introduisant le terme télétravail dans notre vocabulaire en 1973. L’homme avait été mandaté pour trouver un nouveau mode de travail tandis qu’éclatait la crise du pétrole.
Dans un ouvrage intitulé « The Telecommunications-Transportation Tradeoff », il proposera le télétravail comme solution aux problèmes de circulation dans les grandes villes et surtout comme moyen d’économiser des ressources. Le gouvernement américain s’appuiera plus tard sur le travail de Jack Nille pour promouvoir sa première campagne de télétravail.
La plupart des télétravailleurs cherchent un équilibre entre le télétravail et le travail au sein de l’entreprise
Au cours de la décennie suivante, à la faveur de la troisième révolution industrielle provoquée par l’évolution des technologies de l’information et de la communication, le télétravail a surtout permis d’accommoder les employés quant à leurs horaires. Mais, ce mode de fonctionnement n’a jamais connu un grand engouement par la suite.
Lors de la crise financière et le choc pétrolier de 2008, on estimait que 8 % seulement des travailleurs faisaient du télétravail de façon régulière, à raison de quelques jours par mois. Deux ans avant la pandémie de Covid-19, en 2018, cette proportion était au niveau mondial de seulement de 13 %. En 2022, les chiffres sont tout autres.

Copyright : Technologies clés qui ont conduit au travail à distance – Cloud-store
Une semaine « hybride »
Les résultats de l’enquête nationale sur le télétravail réalisée fin 2020 indiquent que pendant l’épidémie du Covid19, 45 % des personnes ont télétravaillé, dont 22 % à temps plein (5 jours/semaine).
En outre, le taux d’occupation des espaces de travail dans l’ensemble de la Belgique a diminué de 43 % au printemps (mars, avril, mai 2020) après l’annonce du confinement national et du travail à domicile obligatoire. La plus forte baisse a été observée à Bruxelles (52,5%), tandis que l’impact était quasiment similaire en Flandre (41%) et en Wallonie (42%).

Copyright – Le travail à domicile et le télétravail post-covid : une aubaine pour la mobilité et la sécurité routière – www.teletravailler.be – 2021
Adopté ainsi massivement pendant la crise sanitaire, le télétravail améliorerait la productivité des entreprises. C’est ce qu’affirme un rapport français du Conseil national de la productivité (CNP) publié le 16 mai dernier : les télétravailleurs engendreraient à long terme un gain de productivité de 5 à 9%.
Plus de la moitié des télétravailleurs souhaiteraient conserver l’arrangement actuel, même après la crise du Covid : 51% de la population cherche un emploi compatible avec le télétravail. Cependant, autre constat, 40 % d’entre eux voudraient quand même télétravailler moins de jours.
La plupart des télétravailleurs cherchent un équilibre entre le télétravail et le travail au sein de l’entreprise, soit un mode de travail « hybride ». Selon une enquête de l’OCDE citée par le rapport du CNP, la fréquence optimale du travail à distance se situerait entre deux et trois jours par semaine.

« Please, stand up ! »
Pour accueillir ces nouveaux comportements, on voit apparaître des lieux polyvalents, de type stand-up meeting. Un cadre passe en moyenne 27 jours par an en réunion et seulement 12% d’entre eux estiment que toutes ces réunions sont réellement productives.
Le stand-up meeting (ou encore daily stand-up) est une nouvelle manière de tenir des réunions efficaces. De courte durée, elles se tiennent debout. Comme la position est relativement inconfortable, les travailleurs sont plus dynamiques et poussés à écouter et à dire les choses clairement et rapidement. Ces réunions durent 15 minutes et permettent à chaque contributeur de rendre compte de ses réalisations depuis la dernière réunion.

La vague « Huddle Room »
Les surfaces dédiées sont également adaptées aux modes de collaborations phygicielles. Quel intérêt, en effet, de réserver une salle de 10 personnes lorsque l’on fait une réunion avec deux personnes présentes et sept à distance ? L’enjeu n’est pas uniquement d’améliorer l’expérience utilisateur, mais aussi d’optimiser les mètres carrés disponibles.
Emprunté au football américain, huddle signifie « Mêlée ». Le huddle le plus courant est celui que l’on observe lorsqu’un groupe de joueurs se réunit au milieu du terrain pour discuter de ce qui va se passer lors de la prochaine action.
C’est ce même esprit de coopération et de stratégie qui est encouragé dans ce concept. Adapté au monde de l’entreprise, une Huddle Room est un petit salon de travail cloisonné capable d’accueillir entre 2 et 5 collaborateurs en moyenne. Le concept de cette bulle de travail ? Concentration, isolement, espace privé… Mais toujours bien équipé. Optimalement, cet espace est vitré et situé dans un lieu de passage au sein des locaux, afin de mettre l’accent sur des interactions spontanées et informelles avec les autres collaborateurs présents dans l’espace global.
