MOBILISATION DE LA DIASPORA IRANIENNE EN BELGIQUE

Iran : « cette fois, la vague de révolte va emporter les mollahs qui dirigent le pays »


Belgo-Iranien et avocat au barreau du Brabant wallon, Me Ali Amerian (40 ans) dénonce une spirale répressive qui s’abat sur les Iraniens depuis les manifestations contre la vie chère et pour revendiquer un changement de régime. Il témoigne de l’ampleur de la mobilisation qui a vu, ces derniers jours, des Iraniens qui ne manifestaient jamais, se soulever désormais pour obtenir la fin du régime des Mollahs. Me Ali Amerian déplore l’absence de réactions de la part de responsables politiques belges, notamment de gauche qui brillent par leur silence. Il était en contact avec des membres de sa famille restée en Iran avant que les connexions Internet ne soient coupées.

La mobilisation des Iraniens ne faiblit pas. Les manifestations qui ont d’abord commencé pour protester contre la vie chère s’est désormais transformée en une véritable révolte contre le régime des Mollahs. Depuis environ deux semaines, le peuple iranien brave les menaces du régime tyrannique en place pour exprimer son ras-le-bol des dirigeants.

Le ras-le-bol des Mollahs a atteint son point culminant

Avocat au barreau du Brabant wallon et arrivé en Belgique à 6 mois, Me Ali Amerian, était en contact, jeudi soir, 8 janvier 2025 vers 22h30 (00h30 en Iran) avec des membres de sa famille quand les connexions Internet ont été coupées. « Ça fait 47 ans que ce gouvernement est en récidive, mais aujourd’hui, le ras-le-bol de la population a atteint son point culminant et qu’elle n’en peut plus. Des gens qui n’ont jamais manifesté sont sortis dans la rue pour réclamer le départ des Mollahs. C’est notamment le cas de membres de ma famille », nous a confié le Belgo-Iranien.

Des gens qui n’ont jamais manifesté sont sortis dans la rue pour réclamer le départ des Mollahs. C’est notamment le cas de membres de ma famille.

Il rappelle que toutes les couches de la société sont touchées par un mécontentement généralisé, notamment les commerçants, les journalistes, les étudiants, le clergé, etc. C’est la raison pour laquelle même ceux qui n’ont jamais manifesté ont décidé de répondre à l’appel de Reza Pahlavi, le fils du shah d’Iran. Mais face à la situation, la réaction des Mollahs et du guide suprême Ali Khamenei est d’accentuer la répression contre la population.

« On est face à une véritable spirale répressive et l’objectif du régime est de poursuivre dans cette voie en coupant toutes les connexions Internet pour empêcher le monde de voir les atrocités qu’il est en train de commettre. Mais cette fois, les conditions sont réunies pour que le régime tombe, parce que les Américains et les Israéliens sont derrière », poursuit Me Ali Amerian.

Le chef de l’opposition iranienne et fils du dernier shah d’Iran, Mohammad Reza Pahlavi, se positionne comme l’alternative pour guider l’Iran vers un régime laïc et démocratique. (JOEL SAGET / AFP).

108 Iraniens pendus en 12 jours

Il vient de sortir un roman, « Le parfum du safran », écrit à quatre mains avec l’ancien juge d’instruction, Michel Claise, spécialisé dans les affaires de criminalité en col blanc. C’est l’histoire d’un couple belgo-iranien devenu le porte-voix de la diaspora iranienne en Belgique pour attirer l’attention des Européens sur le drame qui se joue en Iran.

Me Ali Amerian rappelle les macabres décomptes de la réponse du régime : 108 personnes pendues en 12 jours, soit un Iranien toutes les 2 heures, alors que jusqu’à présent, c’était un Iranien pendu toutes les 5 heures. C’est la preuve que le régime des Mollahs a durci la répression et veut terroriser le peuple iranien.

J’ai alerté des responsables politiques de la gauche, mais je n’ai eu aucune réaction, alors qu’on défend les mêmes choses : la laïcité, la démocratie et les droits des femmes, etc.

L’homme de loi regrette le fait que la situation en Iran ne rencontre que peu d’écho auprès de la classe politique belge, notamment dans la partie francophone. « A part le président Georges-Louis Bouchez qui a adressé un message de soutien aux Iraniens, on n’a vu aucune réaction de la part des autres. J’ai alerté des responsables politiques de la gauche, mais je n’ai eu aucune réaction, alors qu’on défend les mêmes choses : la laïcité, la démocratie et les droits des femmes, etc. J’ai même sollicité des responsables syndicaux, mais sans succès », observe Me Ali Amerian.

Pour lui, le départ des Mollahs et du guide Ali Khamenei ne doit pas synonyme d’un retour au pouvoir d’autres mouvements politiques guidés par l’islam.

(Des manifestants anti-régime iranien brandissent le drapeau iranien d’avant la révolution de 1979, orné du lion et du soleil, ainsi que des drapeaux israéliens, lors d’un rassemblement devant l’ambassade d’Iran, dans le centre de Londres, le 9 janvier 2026. Photo : Henry NICHOLLS / AFP)