Une année scolaire 2021-2022 cruciale

Journaliste – Rédacteur en chef.
BelgaAprès deux mois de vacances, les jeunes retrouveront ce mercredi matin le chemin de l’école en Fédération Wallonie-Bruxelles. Ce sont les plus petits qui ouvriront la séquence de la rentrée scolaire 2021-2022 (ils seront suivis ensuite par les moyens et les plus grands) avec tout ce que cela comporte comme appréhensions et questionnements tant pour les élèves que pour les parents. Les instituteurs, les institutrices et les professeurs auront aussi les leurs. Mais cette rentrée 2021 revêt une importance particulière. Elle intervient après 18 mois de crise sanitaire et son lot de mesures anti-Covid-19 qui ont traumatisé les uns et les autres.
La nouvelle année scolaire qui commence ce mercredi 1er septembre sera cruciale à plusieurs égards. Tout d’abord, les mesures sanitaires sont toujours d’actualité. Le port du masque, les règles de distanciation physique et les aménagements à réaliser au niveau des infrastructures (système d’aération et de ventilation, etc.) ne vont pas faciliter la tâche, ni pour le personnel enseignant, ni pour les enfants. Sans oublier le risque que le retour dans les classes, après des vacances à l’étranger où on ne sait pas si les règles sanitaires ont été bien observées, contribue à une augmentation de la contamination du virus. Que faire ? Imposer la vaccination au personnel enseignant comme on envisage de le faire pour le personnel soignant ? Ce n’est pas l’option qui est pour l’instant retenue, car la situation du personnel soignant est différente de celle des enseignants. Il faut dire que personnel soignant est plutôt en contact avec des personnes fragiles sur le plan de la santé, ce qui augmente considérablement le risque de propagation du virus. Même s’ils ne se verront pas imposer une obligation de vaccination, le personnel enseignant devrait, ne fut-ce que par devoir civique, être sensibilisé à accepter l’injection de doses de vaccins pour se protéger et pour protéger les tout-petits et les jeunes dont ils ont la responsabilité et la charge durant plusieurs heures scolaires.
L’année scolaire qui démarre ce mercredi sera décisive sur le plan de la transmission du savoir et de l’apprentissage. Il y a des retards à rattraper.
L’année scolaire qui démarre ce mercredi sera décisive sur le plan de la transmission du savoir et de l’apprentissage. En effet, la crise sanitaire et certaines mesures prises pour la contrer ont impacté sérieusement le milieu scolaire notamment les fermetures d’écoles, puis le système hybride (cours en présence physique ou à distance) n’ont pas permis le déroulement normal des cours. Conséquence, il y a donc eu des retards dans l’apprentissage qu’il faudra rattraper, ce qui ne sera pas facile. Il faudra dès lors mettre en place des formules de remédiation pour aider les jeunes à se remettre à niveau. Dans certaines zones en Wallonie (Liège, Brabant wallon, Hainaut), les conséquences des inondations de la mi-juillet vont compliquer la reprise des classes.
Mais face à ce tableau d’un programme compliqué, les différents acteurs de l’enseignement devront aussi conduire des réformes, notamment celle des rythmes scolaires et celle de l’enseignement spécialisé. Il y a également l’organisation des Assises de l’orientation le 25 novembre prochain qui doivent accoucher de solutions pour aider les élèves à se relancer après un échec. On n’oubliera pas les devoirs du pacte d’excellence et les négociations en vue de la signature d’un accord sectoriel pour le personnel enseignant dont un des chapitres sera de rendre une attractivité au noble métier d’enseignant afin de lutter contre les pénuries de professeurs. Bref, l’année scolaire qui démarre ce mercredi est indubitablement cruciale et pleine d’enjeux.
