EDITO

Ecoles : liberté conditionnelle pour les élèves et les professeurs

Des enfants portent des masques buccaux sur la cour de récréation d’une école primaire à Hélécine. BELGA

Après deux à trois semaines de congés, les élèves et les professeurs retrouveront les bancs de l’école ce lundi 10 janvier 2022. C’est la rentrée pour tous, dans les écoles maternelles, primaires et secondaires, mais avec une différence de taille : les cours se donneront en présentiel à 100%. Quelques semaines avant les vacances de Noël, les élèves et les professeurs étaient contraints à un régime hybride (présentiel et distanciel) avec toutes les conséquences en termes de perte de contacts sociaux, de concentration et de désorganisation pour les jeunes. Ils seront donc près d’un million d’élèves et environ 100.000 professeurs à retrouver les chemins de l’école avec un certain soulagement et un vent de liberté.

Mais il s’agit d’une liberté conditionnelle. Car en raison de l’augmentation des contaminations liées aux variant Omicron du Covid-19, le retour à l’école à 100% en présentiel est encadré par toute une série de mesures : port du masque pour les jeunes dès l’âge de 6 ans, mise en quarantaine. Sans compter les règles d’or de la distanciation physique, l’hygiène et la ventilation.

Outre le présentiel à 100%, la nouveauté pour la rentrée 2022 est le protocole en matière de testing. Les autorités recommandent de faire passer un autotest à l’enfant une fois par semaine et s’il est positif, il faudra le garder à la maison pendant 7 jours. Il ne pourra sortir de son isolement qu’en l’absence de fièvre depuis trois jours et un autotest négatif durant cette période. La question qui se pose désormais est le financement des autotests. Ceux-ci coûtent entre 3,5 euros et 7 euros par test. Les personnes bénéficiant du statut BIM peuvent avoir un remboursement des autotests à concurrence de deux tests par semaine.

Il faudrait que les différentes autorités du pays s’arrangent pour garantir la gratuité des autotests pour les ménages, du moins pour ceux qui sont en situation de précarité.

C’est donc insuffisant. Il faudrait que les différentes autorités du pays s’arrangent pour garantir la gratuité des autotests pour les ménages, du moins pour ceux qui sont en situation de précarité, sinon on va au-delà de difficultés et de non-respect des consignes. Ce n’est pas au citoyen de payer pour l’éventuelle disharmonie entre les différents niveaux de pouvoirs tentés de se renvoyer la balle. L’analyse vaut également pour les masques où dans certaines familles précarisées, le renouvellement des masques buccaux n’est pas garanti. Par ailleurs, toutes les écoles sont-elles déjà équipées de détecteurs de CO2 et de purificateurs de l’air avant ce retour à 100% en présentiel? Probablement que non.

Encore une fois, des mesures ont donc été décidées sans que soient mis en place les moyens nécessaires et suffisants pour garantir leur respect.