Que reflètent réellement les sondages préélectoraux ?

Les tendances occupent une place prépondérante dans les campagnes électorales. En atteste l’inflation sondagière qui caractérise cette période d’élection présidentielle. Pour que le libre choix des électeurs et le résultat des élections ne soient pas altérés par l’influence que pourraient avoir les sondages d’opinion, la réalisation de ceux-ci est strictement encadrée et contrôlée. Face aux risques de manipulations, le droit français impose des règles de transparence. En outre, si ces projections sont une photographie de l'électorat à un moment donné, il n’en reste pas moins que les sondages recèlent une marge d’erreur. Ne jamais donc penser la victoire acquise. L’histoire politique atteste que, in fine, c’est encore l’électeur qui décide.
Des règles de transparence imposées
Recueillir les dernières tendances, c’est l’objectif des sondages pré-électoraux. Lors de la dernière course à la Présidence, le rapport de la Commission des sondages faisait état de 193 sondages pour la présidentielle de 2002, 293, pour celle de 2007, 409 en 2012 et 560 en 2017. Sur les quatre derniers mois de l’élection présidentielle de 2017, la Commission note qu’il avait été publié près de 2 sondages par jour. Face aux risques de manipulation, le législateur français est intervenu, dès 1977, pour définir ce qu’est un sondage en matière électorale et imposer des règles de transparence.
Tout n’est pas sondage au sens de la loi
La Commission des sondages a pour mission de contrôler ces derniers afin qu’ils répondent aux objectifs prévus par le décret d’application de la loi de 1977. Pour qu'une enquête statistique par sondage soit fiable, l'échantillon doit être choisi selon des règles probabilistes rigoureuses, et les biais doivent être maîtrisés.
Le contrôle porte d’abord sur la réalisation du sondage en lui-même : le caractère représentatif de l’échantillon utilisé (représentativité par le sexe, la catégorie socioprofessionnelle, la zone géographique, etc.), la nature des questions posées (sont-elles biaisées ? etc.), mais également la sincérité dans l’interprétation des sondages. Le contrôle porte ensuite sur les mentions obligatoires : informations relatives au sondeur, qualité du commanditaire, étendue de la marge d’erreur.
L’abus du mot « sondage » est un délit
En France, les sondages d’opinion s’appuient sur deux méthodes : la méthode des quotas et la méthode aléatoire. L’aléatoire repose sur le fait d’avoir un échantillon dont les personnes ont été choisies au hasard. À l’inverse, avec celle des quotas, l’échantillon de personnes est choisi selon différentes caractéristiques sociodémographiques (âge, genre, catégorie socio-professionnelle, commune). Elle est donc plus représentative de la société et permet une marge d’erreur plus faible pour des sondages électoraux. C’est la méthode utilisée, par exemple, pour le baromètre Ipsos.
Ajoutons que la loi de relative aux sondages prévoit une amende de 75.000 € si le mot sondage est utilisé pour des enquêtes qui ne répondent pas à la définition légale du sondage. La Commission des sondages peut également saisir le procureur de la République à des fins de poursuites pénales.
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