Mélenchon remportera-t-il le troisième tour ?

Journaliste / Secrétaire de rédaction

« Imposons une cohabitation à Macron », tels étaient les mots hier soir des Insoumis qui ont pris acte des résultats du second tour de l’élection présidentielle qui a vu la réélection d’Emmanuel Macron. « Le danger de l’élection de Marine Le Pen était immense (…) Heureusement, les Français ont refusé de lui donner le pays, il faut maintenant qu’ils privent Macron du pouvoir. »
En juin prochain, soit dans un peu plus d’un mois à peine, les Français seront rappelés aux urnes pour élire leurs députés à l’assemblée nationale. Ce sera le temps des législatives ! Avec ses 20 % des votes au premier tour de l’élection présidentielle (et arrivé troisième de peu), Jean-Luc Mélenchon compte bien prendre sa revanche et sa part du gâteau du pouvoir.
Imposer la cohabitation
« Nous ne sommes pas dupes de la stratégie d’Emmanuel Macron les mois précédant son élection : organisant méthodiquement la mise en scène de son duel contre Marine Le Pen et refusant de débattre démocratiquement de son bilan et de son programme avant le premier tour. Il a ainsi pu remporter une victoire pour continuer à mettre la nation en coupe réglée au profit de ses amis de McKinsey et autres, les ultra-riches profiteurs des crises », indiquait hier soir le communiqué des Insoumis
Sans le refus des électeurs de la France insoumise d’apporter le moindre suffrage à l’extrême droite, Emmanuel Macron n’aurait pas été élu
De cette France écologique abordée par Emmanuel Macron , lors de son discours inaugural, hier soir, sur les Champs-de-Mars, les gauchistes retiennent « son engagement écologique, aussi vague que de dernier moment, ne masque rien de son projet de laisser-aller du dérèglement climatique ni de son passif de répression violente (matraquer, éborgner, mutiler) des mouvements sociaux, syndicaux, féministes et écologistes ».
Et d’ajouter face aux défis sociaux non relevés par le président sortant nouvellement réélu : « Il restera l’homme qui a organisé la banalisation et renforcé l’extrême droite au point de l’amener aux portes du pouvoir. (…) Sans le refus des électeurs de la France insoumise d’apporter le moindre suffrage à l’extrême droite, Emmanuel Macron n’aurait pas été élu. Nos suffrages ne valent ni quitus, ni blanc-seing, ni caution pour le programme de M. Macron. »
Des législatives singulières
C’est la première fois depuis l’instauration du quinquennat que les élections législatives se tiendront dans le cadre d’une réélection. La France Insoumise apparait donc plutôt bien placée pour jouer les trouble-fête lors du prochain scrutin. « Il est donc erroné de penser qu’elles ne serviront une fois de plus qu’à fournir une majorité godillot au président réélu », expliquent les Insoumis.
Fortes du dynamisme à gauche créé par la candidature de Jean-Luc Mélenchon, « les élections législatives seront l’opportunité d’envoyer un maximum de députés de combat à l’Assemblée nationale pour empêcher la brutalité sociale d’un gouvernement Macron bis. »
D’ores et déjà, la France Insoumise appelle les Français à envoyer un maximum de députés de l’Union Populaire au Parlement. « Tous les électeurs qui se reconnaissent dans la gauche sociale et écologiste à se mobiliser pour ouvrir un avenir en commun tissé par la solidarité entre tous. »
En coulisse, plus à droite, un certain Eric Zemmour mise aussi sur ces législatives pour marquer le pas, rester sur le devant de la scène politique, en faisant, qui sait, entrer quelques élus à l’assemblée nationale. La course à l’Elysée s’achève, une autre étape commence. Le Président élu largement mais sans passion contre l’extrême droite en 2012, et réélu ce dimanche sans plus d’enthousiasme contre cette mêm extrême droite, aura-t-il la majorité, pour lui, à l’assemblée nationale en juin prochain ou devra-t-il composer avec une cohabitation?
Seule, l’avenir nous le dira.
