ECONOMIE

549 emplois menacés chez Logistics Nivelles, le PTB s’insurge, Willy Borsus réagit

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NIVELLES. Le groupe suisse Kühne + Nagel, spécialisé dans la logistique et le transport de marchandises a annoncé ce matin son intention de fermer son site de Nivelles à l’automne 2022. Cela signifierait le licenciement collectif de 549 employés. Selon la direction du groupe suisse de logistique  Kühne Nagel, le site du Brabant wallon ne peut pas répondre aux défis de la distribution de produits secs et frais. En mai 2020 déjà, Klaus-Michael Kühne l’actionnaire principal de l’entreprise indiquait que celle-ci pourrait être amenée, d’ici la fin de la crise, à supprimer 25% de ses emplois dans le monde afin de faire face à la pandémie.  A Namur, cet après-midi, le PTB a posé la question ouvertement: quand cela s’arrêtera-t-il? 

Kühne + Nagel fournit en partie les magasins de Carrefour en produits secs et frais. La situation de Logistics Nivelles est « particulièrement préoccupante » depuis la reprise de l’usine en 2005, selon la direction suisse. « Après plusieurs réorganisations, le site continue à générer des pertes importantes au fil des années. Sans perspective de profitabilité, la société ne peut plus, (au départ de Nivelles), continuer à servir (Carrefour, NDLR), son client unique actif dans la grande distribution. » Afin de pouvoir encore approvisionner ce client, la direction envisage de relocaliser l’activité vers deux implantations en Flandre: Kontich (Anvers) pour les produits secs et Kampenhout (Brabant flamand) pour les produits frais.

Kühne + Nagel adoptera dès lors une configuration nationale pour la gestion de ces deux types de produits, au départ des deux sites flamands.   Un risque d’emplois menacé que le groupe avait déjà laissé planer l’an  dernier,  au coeur de la crise sanitaire.
« Le groupe pourrait se retrouver avec 20 à 25% de salariés de moins qu’avant », à «la fin» de la crise, estimait alors Klaus-Michael Kühne, héritier du groupe.

Quand cela s’arrêtera-t-il?  Combien de temps allons-nous encore laisser faire?

A Namur, cet après-midi, les parlementaires ont amené le sujet sur la table. Le président du groupe PTB Germain Mugemangango constatant, une fois encore, la reconduite d’un scénario connu.
« Une fois de plus, nous avons à faire à un groupe qui comptabilise un chiffre d’affaires  à hauteur de 7 milliards d’euros en 2020 et qui a déjà atteint plus de 7 millions d’euros dans le courant du premier semestre de cette année. Une fois encore, on a face à nous,  un groupe en bonne santé qui, pour multiplier ses bénéfices décide de mettre en danger le destin de plus de 500 travailleurs. quand on sait que l’homme à la tête de Kuehne Nagel, Klaus-Michael Kühne, est l’homme le plus riche d’Allemagne, on est en droit de se demander, quand cela s’arrêtera-t-il?  Combien de temps allons-nous encore laisser faire? »

En guise de réponse, le ministre de l’Economie Willy Borsus a rappelé la détermination de la Région à réagir aux côtés des travailleurs et à tenter au maximum de ses efforts de diminuer l’impact de ce qui se trame. Il a d’ores et déjà sollicité une rencontre conjointement avec la ministre de l’Emploi, Christie Morreale, avec la direction du groupe suisse, ainsi qu’une autre rencontre avec les délégations syndicales afin de comprendre et prendre connaissance de tous les paramètres. En effet, Willy Borsus comprend mal quele groupe entende fermer nivelle pour investir à 50 km de distance sur des sites à construire.« De mémoire, je n’ai jamais vu cela ; nous ferons tout ce qu’il faut l’activité et les emplois », a-t-il conclu. Comme un air de déjà entendu…

Tel un acte prémédité

Depuis le début de la crise sanitaire, Kühne + Nagel a en effet  vu ses volumes fortement décliner en raison de la crise du covid-19 qui a ralenti considérablement les échanges internationaux.  L’an dernier, l’homme d’affaire allemand  avaient indiqué qu’en cas de dégraissage, les pays concernés pourraient être différemment touchés, selon leurs systèmes d’aide aux entreprises mis en place par les gouvernements, justement, pour faire face à la pandémie. L’actionnaire évoquait à l’époque des risques possibles de suppressions de poste qui concerneraient majoritairement les emplois industriels dans les entrepôts.

Pour l’heure, sur le site de Logistics Nivelles, la procédure d’information et de consultation en matière de licenciement collectif a été lancée ce mercredi. La direction « fera tout pour que cette phase se déroule de la meilleure façon possible, dans un esprit de dialogue ».

 

avec agence.


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