TRANSPORT AERIEN

La CNE menace Brussels Airlines d’action en justice pour entrave à la grève

Crédit Photo Brussels Airlines

Permanent à la CNE, Didier Lebbe, en charge du secteur aérien, reproche à la compagnie aérienne d’intimider les travailleurs en grève en leur téléphonant pour savoir s’ils font grève ou pas. La porte-parole de Brussels Airlines précise de son côté qu’il s’agit d’un sondage pour leur permettre de planifier au moins certains vols. La grève du personnel navigant a pénalisé les activités de la filiale de Lufthansa dont 57 vols sur 116 prévus ont été annulés. Environ 3.500 personnes ont été touchées, mais Brussels Airlines assure avoir trouvé une solution pour la plupart des passagers pénalisés.

Tension maximale chez Brussels Airlines, la compagnie aérienne belge, filiale à 100% du groupe Lufthansa. Le personnel navigant s’est croisé les bras lundi dans le cadre d’une grève de 24 heures (commencée à 5h matin) qui a pénalisé les activités du transporteur aérien. Les syndicats reprochent aux dirigeants de la compagnie aérienne de ne pas respecter la convention collective de travail (CCT) signée en 22020 dans le cadre du plan Reboot+ destiné à permettre à l’entreprise de retrouver une santé financière. « Brussels Airlines ne respecte pas la convention. La compagnie ne laisse pas le temps aux travailleurs de souffler entre les rotations. Conséquence, ils volent plus, mais ils sont moins bien payés. Et maintenant qu’il y a grève, ils appellent les travailleurs pour les intimider. Nous envisageons d’introduire une action en justice contre la compagnie pour entrave à la grève et pour harcèlement », nous a confié Didier Lebbe, permanent à la CNE en charge du secteur aérien.

La compagnie ne laisse pas le temps aux travailleurs de souffler entre les rotations.

Charge de travail élevée

Il rappelle au passage que les travailleurs ont consenti à signer la convention en acceptant une réduction de salaire de 10-20% afin de ménager la compagnie aérienne confrontée aux effets économique de la crise sanitaire, mais aujourd’hui, la charge de travail est telle que le personnel ne sait plus suivre. Contactée par nos soins, la compagnie réfute les critiques syndicales tout en reconnaissant une augmentation de la charge de travail. « Nous savons que la charge de travail est élevée puisqu’on a moins de personnel qu’avant. Mais nous venons de recruter 180 personnes dans le groupe de collaborateurs qui avaient quitté Brussels Airlines dans le cadre du plan Reboot+ pour cause de non-renouvellement de leur contrat à durée déterminée (CDD). Nous avons aussi mis en place un outil de planification des prestations. L’entreprise est ouverte à discuter avec les travailleurs pour trouver des solutions aux différents problèmes, mais nous ne pouvons renégocier la CCT qui avait été signée », rétorque Kim Daenen, porte-parole de Brussels Airlines.

Mais nous venons de recruter 180 personnes dans le groupe de collaborateurs qui avaient quitté Brussels Airlines dans le cadre du plan Reboot+ pour cause de non-renouvellement de leur contrat à durée déterminée.

Concertation ce mardi

Sa collègue Maaike Andries réfute toute critique de harcèlement portée par les représentants des travailleurs. « Il s’agit d’une enquête auprès du personnel pour savoir qui fait grève de façon à mieux organiser nos vols. A cause de la grève, nous avons annulé 57 vols sur 116 », explique-t-elle. Au total, la compagnie a pu organiser des vols pour 9.000 passagers, principalement sur les vols long-courriers (Afrique, etc.). La grève a touché environ 3.500 voyageurs pour qui la compagnie a trouvé une solution de rechange au sein du groupe Lufthansa ou chez d’autres compagnies aériennes.

Notre grève n’est pas illégale. Nous avions déposé un préavis en août, il y a des conciliations et des actions.

Une rencontre est prévue demain mardi entre le personnel et les représentants des travailleurs. Quid de la menace de réclamer la perte de 2,5 millions d’euros aux syndicats suite à la grève de lundi ? « Nous n’avons encore pris aucune décision à ce sujet, on en sait pas encore ce qu’on va faire», répond Kim Daenen. « Notre grève n’est pas illégale. Nous avions déposé un préavis en août, il y a des conciliations et des actions. Nous avions prévenu que nos organiserions des actions qui iront crescendo, donc, la grève de ce lundi est tout sauf une surprise. De toute façon, cette menace ne nous fait pas peur », conclut Didier Lebbe (CNE)