Mesures anti-covid-19 : un statu quo et non un durcissement

Journaliste – Rédacteur en chef.
Le Premier ministre Alexander De Croo (Open VLD) au milieu, à sa droite, le Wallon Elio Di Rupo (PS) et sa gauche, le Flamand Jan Jambon (N-VA) à l'issue d'un Codeco anti-Covid-19. BELGADans la perspective d’un nouveau Comité de concertation qui se réunira ce mercredi, les propositions (et les rumeurs ?) vont dans tous les sens laissant croire qu’un durcissement des mesures pourrait intervenir à l’issue de la rencontre entre le Gouvernement fédéral et les patrons des exécutifs régionaux et communautaire (Wallonie, Flandre, Bruxelles-Capitale, Fédération Wallonie-Bruxelles).
Certes, le nouveau variant du Covid-19, Omicron fait des ravages en termes de contaminations, mais force est de constater que sa dangerosité est loin d’être meurtrière, bien moins que les précédentes mutations du virus. Par ailleurs, on assiste globalement à une diminution des contaminations et des hospitalisations.
D’autre, tout semble indiquer que l’idée de la vaccination gagne de plus en plus la population et que même l’inoculation de la dose de rappel de vaccin (la deuxième ou la troisième dose selon le type de vaccin), voire d’une quatrième dose éventuelle ne souffre plus tellement d’opposition. C’est la preuve que la sensibilisation à la vaccination fonctionne. Il faut donc non seulement poursuivre la campagne de vaccination et de sensibilisation, mais il faudrait aussi tenir une ligne cohérente au niveau des mesures. Certes, il faut continuer à exhorter la population à davantage de respect des règles élémentaires (se laver les mains, masques, distanciation physique, bulles, etc.). Certes, il ne faut pas relâcher les efforts. Mais durcir les mesures en vigueur actuellement serait une perversion du principe de précaution et risquerait d’être contre-productif.
Certes, il ne faut pas relâcher les efforts. Mais durcir les mesures en vigueur actuellement serait une perversion du principe de précaution et risquerait d’être contre-productif.
Au contraire, il faudrait même penser à relâcher la pression sur le secteur Horeca et celui de la culture. Car, si on part du principe que l’entrée dans les lieux de culture et de restauration est conditionnée à la vérification du Covid Safe Ticket (CST), on peut raisonnablement convenir que les clients et spectateurs ont reçu, au moins chacun et chacune, une deuxième dose. Par conséquent, ils ne vont probablement pas créer un cluster de contaminations ou, à tout le moins, ils ne vont pas développer la forme grave de la maladie. Partant de ce constat, pourquoi imposer encore une jauge aussi stricte (maximum de 200 spectateurs dans les salles de théâtre) au secteur de la culture ou la fermeture à 23h pour le secteur Horeca ? Ces règles ne se justifient plus. Il y va de la santé financière des secteurs et de la santé mentale de la population. Celle-ci a besoin de ces lieux pour retrouver le goût de vivre et est plus que jamais consciente qu’elle doit faire attention à un virus dont les mutations nous posent sans cesse des défis à chaque variant qui apparaît.
