SOCIETE

Ukraine : la liste des journalistes morts ou blessés s’allonge au mépris des droits humains


Depuis le début de l’offensive russe en Ukraine, Reporters sans frontières (RSF) relaie les exactions dont sont victimes les journalistes sur le front. L’organisation internationale déplore que les professionnels des médias portant un brassard « presse » sont mis en danger dans l’exercice de leur métier. Conformément aux conventions internationales, RSF demande aux autorités russes et ukrainiennes de garantir leur sécurité. Pour souligner le nombre de journalistes qui ont déjà perdu leur vie pour rapporter l’information, l’hashtag #StraightFromTheFrontline se propage sur les réseaux sociaux. En signe de soutien, ce dimanche, l’ambassade de Russie à Londres était illuminée aux couleurs de l’Ukraine.

La liberté d’information est le fondement de tout pays démocratique. Les journalistes sont libres de rapporter les faits, de dénoncer des abus et d’interpeller la conscience générale. Chaque journaliste a le droit de rechercher, d’obtenir et de communiquer les informations et les idées qu’il collecte, sans ingérence et sans considération de frontière. La campagne #StraightFromTheFrontline a été lancé à Londres ce dimanche 20 mars en soutien aux reporters de guerre, journalistes et photographes, qui risquent leur vie en Ukraine pour informer le citoyen.

Pour la liberté d’informer

Dans le cadre de son suivi en temps réel de la situation de la liberté de la presse en Ukraine, RSF tient à jour le relevé des attaques contre les journalistes et les médias depuis l’invasion de l’armée russe. Cette carte interactive régulièrement actualisée permet de recenser les atteintes à la liberté de la presse ayant eu lieu en Ukraine.

Copyright : Reporters sans Frontières – 18 mars 2022

Une unité autour de l’information

En vertu de la Convention de Genève, les journalistes travaillant dans des zones de conflit sont considérés comme des civils et doivent être protégés à ce titre, d’après le droit humanitaire international.
Ainsi, « toute atteinte délibérée causant des atteintes graves ou la mort d’un journaliste en zone de conflit armé revient à s’en prendre à un civil et constitue une infraction grave à la Convention de Genève, ce qui relève du crime de guerre. Ces principes s’appliquent également aux correspondants de guerre accrédités par les autorités militaires. A noter que la notion de journaliste est entendue ici au sens large: elle englobe aussi bien les reporters que les photographes, les cameramans ou les techniciens », précise RSF dans un communiqué.

En tant que civils, les journalistes bénéficient de la protection accordée par l’ensemble du droit international humanitaire (DIH) aux personnes civiles. En cas d’arrestation ou de détention par des forces armées, il est considéré, comme toute personne civile, comme prisonnier de guerre. Ces derniers, toujours conformément à la Convention de Genève, doivent être traités avec humanité.
C’est ce que veut rappeler l’hashtag #StraightFromTheFrontline. Porter atteinte à des journalistes dans l’exercice de leur travail est un crime de guerre, précise encore RSF.

 

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