POLITIQUE

#DuBalai : une proposition française pour un délit du non-partage des tâches ménagères


Faire reconnaître dans un couple un non-partage des tâches domestiques comme on reconnaît les violences conjugales, c’est la proposition de l’écologiste et féministe française, Sandrine Rousseau. « Un petit coup de balai ? Et si on pénalisait les hommes qui n’en foutent pas une ? ». Est-ce une provocation pour mettre le sujet sur la table ou une proposition très sérieuse ? Pour l’économiste de formation, le ménage est un problème politique. Et l’idée de l’ex-candidate à la primaire écologiste, coutumière des saillies virales sur Twitter, fait à tout le moins son effet. Les réactions n’ont pas tarder sur les réseaux sociaux.

Une des clés de l’inégalité

Astiquer, briquer, nettoyer : une question mineure penseront certains, avec un brin de condescendance. Question éminemment politique, rétorque Sandrine Rousseau. « Je voudrais qu’il y ait même une possibilité de délit de non-partage des tâches domestiques, parce que je pense que le privé est politique. Le ménage est un jeu de pouvoir et que tant qu’on ne donne pas les moyens aux femmes de véritablement obtenir l’égalité sur le partage, on n’y arrivera pas », affirme-t-elle.
La féministe française rempile sur le sujet dans le prolongement d’un ouvrage coécrit en 2011 avec François-Xavier Devetter, « Du balai. Essai sur le ménage à domicile et le retour de la domesticité ».

Selon Sandrine Rousseau, loin de constituer une activité anodine ou insignifiante, le ménage est l’une des clés des inégalités hommes-femmes. Aujourd’hui, les hommes consacrent environ une heure par jour aux tâches ménagères, les femmes, plus de trois. Malgré les discours, ce déséquilibre n’évolue guère depuis les années 80. Ces inégalités pèsent lourd sur les carrières des femmes. Elles conduisent les femmes les plus riches à externaliser les tâches ménagères, mais les femmes les plus pauvres à subir la pénibilité de la domesticité et la charge mentale.

Aux grands maux, les grands remèdes

L’ancienne candidate à la primaire EELV et ancienne porte-parole de la campagne de Yannick Jadot, pointe un « impensé des politiques d’égalité femmes-hommes ». Se basant sur le principe de reconnaissance des violences sexuelles au sein des couples, elle avance cette idée en citant des chiffres évocateurs sur le partage des tâches ménagères dans les foyers.

Dans un long thread publié sur Twitter, elle rappelle que de part une inégalité de répartition, « les femmes sont plus souvent à temps partiel, restent moins tard au travail et sont moins engagées en politique, avec pour résultats des retraites basses ».
Citant l’Insee, les femmes réalisent 72% des tâches ménagères et 65% des tâches parentales, pour en moyenne une heure trente de travail quotidien supplémentaire par rapport aux hommes. Sandrine Rousseau souligne toutefois ce délit de « non-partage des tâches domestiques » est une proposition personnelle. « Mais, je ne suis pas candidate à la présidentielle », a-t-elle ponctué avec une touche d’humour.

Sandrine Rousseau a été exclue en mars dernier de la campagne de Yannick Jadot, après avoir estimé que ce dernier ne parvenait pas à « imposer un récit » et déclaré que « les grands stratèges politiques de la campagne de l’écologiste sont justes nuls et se plantent sur tout ». Déjà abonnée aux polémiques, Sandrine Rousseau avait notamment affirmé en août dernier – elle était alors candidate à la primaire des écologistes – préférer « des femmes qui jettent des sorts plutôt que des hommes qui construisent des EPR » (NDLR : des réacteurs pressurisés européens).