SANTE

Ukraine : les épidémies, l’autre risque majeur de la guerre


L’Union européenne se prépare à une crise humanitaire de proportions historiques. La crise en Ukraine pourrait aboutir à plus de 7 millions de personnes déplacées. Tuberculose et autres maladies sont l’autre risque de la guerre déclarée par Moscou. La situation s’avère particulièrement critique alors que le variant Omicron circule encore très activement en Ukraine, comme dans le reste de l’Europe. Pour prévenir la propagation du Covid-19, l’OMS et les autorités européennes encouragent les pays accueillant des réfugiés à leur proposer tests et vaccination, en particulier contre le Covid. Sur les six vaccins autorisés en Ukraine, deux ne sont toutefois pas autorisés par l’Agence européenne des médicaments (EMA). Quels vaccins pour les Ukrainiens ayant précédemment reçu Covishield ou CoronaVac ?

Guerre et épidémie, une liaison dangereuse

« La guerre et les épidémies ont toujours été intrinsèquement liées, quels que soient le conflit, l’époque ou le continent. Les prestations de soins de santé aux civils sur le territoire ukrainien et à ceux réfugiés à l’étranger sont notre priorité », a récemment déclaré Michael Ryan, le directeur général des programmes de gestion des urgences sanitaires de l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

Avec les déplacements massifs et les regroupements de population, ainsi qu’une moindre surveillance du virus, tous les experts scientifiques s’attendent à voir l’épidémie de Covid-19 prendre à nouveau de l’ampleur.
« Le contexte est d’autant plus favorable au virus que la fatigue, le manque de nourriture et de sommeil ou encore le stress contribuent à affaiblir le système immunitaire des personnes touchées par les affrontements », a précisé Michael Ryan.

Les risques sont d’autant plus importants que l’Ukraine avait une très mauvaise couverture vaccinale avant le début du conflit, avec seulement 35% de la population immunisée et environ 2 % seulement ont reçu une dose de rappel, selon les données de l’OMS du 27 février dernier.  « Les personnes qui se trouvent dans des circonstances particulièrement vulnérables, dans des situations de conflit ou d’urgence humanitaire, sont les groupes les plus prioritaires pour une vaccination complète », a indiqué Kate O’Brien, directrice de la vaccination, des vaccins et des produits biologiques à l’OMS, lors d’un point de presse mercredi 23 mars.
Le faible taux de vaccinés ukrainiens demeure toutefois un défi, même si l’UE possède « suffisamment de stocks de vaccins contre la Covid pour couvrir les besoins de tous ceux qui arrivent ».

Quels vaccins pour les Ukrainiens ?

Six vaccins sont autorisés en Ukraine. Quatre d’entre eux sont bien connus des Européens, il s’agit de ceux développés par BioNTech et Pfizer, Moderna, AstraZeneca et Janssen Pharmaceutica NV. Les deux autres vaccins autorisés dans le pays sont répertoriés par l’OMS comme vaccins d’urgence. Il s’agit du vaccin Covishield de l’Indian Serum Institute et le vaccin CoronaVac de la société pharmaceutique Sinovac, basée à Pékin, mais ils ne sont pas autorisés par l’Agence européenne des médicaments (EMA).
La procédure est claire pour ceux qui doivent recevoir une primo-vaccination ou qui ont reçu leur première injection avec un vaccin autorisé dans l’UE, mais elle l’est moins pour ceux qui ont été vaccinés avec Covishield ou CoronaVac et qui ont maintenant besoin d’une deuxième injection ou d’un rappel.

Pour l’OMS, il faut en ce cas opter pour une combinaison de vaccins. D’autant plus que « de plus en plus de données montrent que l’efficacité et l’immunogénicité des schémas hétérologues étaient similaires ou supérieures à celles des schémas homologues. Cela indique qu’il est à la fois sûr et au moins aussi efficace de recevoir un vaccin différent comme deuxième dose et/ou dose de rappel que de recevoir toutes les doses du même produit », a précisé Kate O’Brien.

Une vigilance accrue dans les centres d’accueil temporaires

Dans le contexte de l’afflux massif de réfugiés ukrainiens, le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) émet aussi une série de recommandations (Link vers : https://www.ecdc.europa.eu/en/news-events/covid-19-testing-vaccination-and-implementation-protective-measures-recommended) pour la prévention et le contrôle du Covid-19 dans les centres d’accueil temporaire où le risque d’épidémies de maladies transmissibles est plus élevé.
En cas d’absence de preuve documentée d’une vaccination antérieure, l’ECDC préconise que les enfants et les adultes ukrainiens éligibles doivent se voir proposer une primovaccination contre le Covid-19 ainsi qu’une dose de rappel, soit un nouveau parcours vaccinal.

 

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