Marine Le Pen : une « complaisance » avec la Russie rappelée par Emmanuel Macron

À quatre jours du premier tour de l’élection présidentielle, l’écart entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen se réduit. Si le président sortant a bénéficié un temps de l’ « effet drapeau » avec l’invasion de l’Ukraine, la candidate d’extrême-droite continue de monter en puissance. Elle est désormais créditée de 23 % d’intentions de vote du premier tour contre 28 % pour Emmanuel Macron. Chacun tirant ses dernières cartouches, en déplacement dans le Finistère, le président sortant n’a pas manqué rappeler aux Français la proximité de la candidate du RN avec Vladimir Poutine, accusé de crime contre l’humanité en Ukraine, et le financement de son parti par des fonds russes. Marine Le Pen, quant à elle, a amendé certains de ses propos.
Une proximité qui demeure embarrassante
Alors que la campagne présidentielle touche à sa fin, l’extrême droite est rattrapée par son histoire. En déplacement dans le Finistère ce mardi 5 avril, Emmanuel Macron a fait allusion à Marine Le Pen (RN) officiellement reçue par le président russe Vladimir Poutine en 2017. Le président-candidat a une nouvelle fois critiquer sans la nommer, sa rivale d’extrême droite en évoquant ces candidats à la présidentielle qui se sont distingués par leur « complaisance vis-à-vis de Vladimir Poutine » et des « financements du côté de la Russie ».
La dirigeante du Rassemblement National (RN) est régulièrement accusée par ses adversaires d’accointances avec le pouvoir russe. En 2014, pour financer les élections régionales et départementales, le RN avait eu recours à un prêt russe de neuf millions d’euros. Le parti d’extrême droite est toujours en train de le rembourser, suivant un rééchelonnement obtenu en 2020 auprès de ses créanciers, une firme russe dirigée par d’anciens militaires, Aviazapchast. Le RN renvoie la faute aux banques françaises qui « ont toutes refusé de lui accorder des prêts ».
Tous les candidats à l’élection présidentielle ont pris position pour dénoncer les massacres commis à Boutcha, au lendemain du départ des troupes russes en déroute de la ville située en périphérie de Kyiv. Tous ont accusé l’armée russe et condamné sans équivoque les faits de « crimes de guerre ». Tous, sauf Marine Le Pen qui est la seule à avoir refusé de le faire. « Il faut une enquête. L’idée est aussi d’éviter de dire des conneries », a-t-elle précisé sur les réseaux sociaux.
Un soutien à Poutine revisité
Lundi 4 avril, la candidate RN soulignait par voie de presse que « La Russie de Poutine n’est pas l’URSS de Staline. La Russie s’appuie sur un système institutionnel qui n’est pas celui d’une dictature même s’il peut être considéré comme autoritaire. Il n’y a pas de parti unique, les élections y sont régulièrement organisées (…). La Russie ne va pas disparaître, (…) elle sera une grande puissance européenne, donc il faudra à un moment donné, malgré les divergences (…) tenter d’éviter que la Russie parte définitivement dans les bras de la Chine ».
Elle a rétropédalé mardi et amendés certains de ses propos. Après avoir déclaré que Vladimir Poutine pourrait « bien entendu » redevenir un allié, Marine Le Pen est revenue sur ses dires en expliquant que « dans mon esprit, c’est la Russie dont je parlais ». Sur son « projet d’entente » avec la Russie, elle a également précisé que « la guerre en Ukraine empêche une coopération dans la lutte contre le fondamentalisme islamiste ».
Même si sa position ambiguë lui a permis de gagner des points dans les sondages, la difficulté de concilier un soutien global au régime de Vladimir Poutine et le risque d’apparaître traître à la patrie française demeure toutefois dans le chef de la candidate d’extrême droite.
Une politique étrangère « à équidistance » des États-Unis et de la Russie, c’est ce que répète Marine Le Pen pour justifier les liens étroits qu’elle a entretenus avec le Kremlin avant le déclenchement de la guerre en Ukraine.
