EDITO

Energie : attention à la catastrophe…

AJIL
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Ça fait déjà quelques semaines que les prix de l’énergie augmentent et le phénomène ne semble pas ralentir. Des scientifiques et des économistes avaient prévu ce mouvement haussier des prix de l’énergie, mais on ne les a pas crus. Et pourtant, il se réalise et chacun, notamment dans le monde politique, y va de ses solutions pour contrer la hausse des tarifs (chèque énergie, TVA à 6%, etc.) sans qu’il y ait encore un consensus sur une option. Mais il est déjà trop tard. De nombreux citoyens sont déjà acculés et se demandent comment ils feront pour s’en sortir pendant que les politiques réfléchissent à la question. Les entreprises, dépendantes d’énergie pour assurer leur production, se posent aussi des questions devant la hausse du coût des matières premières. Quel manque d’anticipation ! Comme si les responsables politiques n’avaient pas vu le phénomène arriver ou qu’ils n’avaient pas été prévenus…

Une autre prédiction est dans l’air depuis longtemps : c’est que l’augmentation des prix de l’énergie à laquelle on assiste aujourd’hui ne va certainement pas s’arrêter et elle nous donne à voir les conséquences de la sortie du nucléaire sur la facture des ménages. Les prix continueront à grimper et les augmentations vont s’accentuer avec la mise à l’arrêt des réacteurs nucléaires ! La population se demande aujourd’hui si les responsables politiques, principalement dans le camp des Ecolo où le dogmatisme semble l’emporter sur toute analyse pragmatique, ne sont pas en train d’expérimenter un vieil adage : il n’y a pas plus aveugle que celui qui ne veut pas voir ou plus sourd que celui qui ne veut pas entendre. Les analyses se suivent et se ressemblent : la sortie du nucléaire entraînera une augmentation des tarifs. Pire encore, le remplacement des réacteurs nucléaires, non producteurs de CO2, par des centrales au gaz, aussi modernes soient-elles, va à l’encontre de toute logique et est contradictoire. Comment peut-on prétendre prendre des décisions en accord avec les conclusions du GIEC qui recommandent une diminution des émissions de CO2 quand on valide la construction de centrales au gaz, productrices de CO2 et en prônant la fermeture des réacteurs nucléaires qui n’en émettent pas ? Chercher l’erreur.

Comment peut-on prétendre prendre des décisions en accord avec les conclusions du GIEC qui recommandent une diminution des émissions de CO2 quand on valide la construction de centrales au gaz, productrices de CO2 et en prônant la fermeture des réacteurs nucléaires qui n’en émettent pas ?

La population se demande si elle n’est pas en train de revivre le remake du discours que les politiques lui avaient servi, il y a quelques années. Il y a plus de dix ans, les responsables politiques avaient soutenu que la libéralisation du secteur de l’énergie déboucherait sur une réduction de la facture pour les ménages. Ceux-ci ont déchanté plus tard quand ils ont réalisé que c’est le contraire qui s’est produit. Il est plus que temps de se poser et de se dire qu’il vaut mieux prôner le mix énergétique plutôt que de plaider pour une politique qui exclut un élément de la solution environnementale. Le nucléaire peut jouer un rôle dans la transition énergétique et dans la réduction des émissions de gaz à effet de serre. Plutôt que de le vouer aux gémonies, il faudrait soutenir les chercheurs qui ont déjà trouvé des technologies réduisant considérablement le niveau des déchets nucléaires et la taille des futures centrales à atomes.

A défaut, une fois que les centrales nucléaires seront fermées, non seulement la Belgique sera dépendante de ses voisins pour garantir sa sécurité d’approvisionnement, mais elle sera aussi confrontée à une sérieuse augmentation des prix qui plongera ménages et entreprises dans le désarroi et l’incertitude.


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