EDITO

Place aux actes et au débat pour sauver le climat

LPost.be / bePress Photo Agency
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Des milliers de manifestants (entre 25.000 et 50.000 personnes) ont convergé dimanche pour clamer leur inquiétude devant les effets du dérèglement climatique et la faiblesse des actions ou décisions politiques prises pour lutter contre la catastrophe du réchauffement climatique. Celui-ci n’est plus une vue de l’esprit ou une menace lointaine ou proche. Il est déjà une réalité et les conséquences sont déjà visibles aujourd’hui : grosses inondations avec pertes en vies humaines et matérielles, canicules, etc.

Les pays européens dont la Belgique paient déjà un lourd tribut. Les inondations de la mi-juillet avec ses nombreuses morts et leur coût élevé (plus de 3 milliards d’euros) nous donnent à voir des conséquences de nos comportements et décisions sans respect pour dame nature. Sans oublier les réfugiés climatiques qui se comptent par millions à l’intérieur de leurs territoires de par le monde (entre 2008 et 2020, plus de 280 millions de migrants internes à cause des catastrophes climatiques).

Il est donc plus que temps de prendre des engagements plus importants que ceux qui sont actuellement sur la table pour sauver la terre et ne pas (trop) handicaper l’avenir des générations suivantes.

Il est donc plus que temps de prendre des engagements plus importants que ceux qui sont actuellement sur la table pour sauver la terre et ne pas (trop) handicaper l’avenir des générations suivantes. Les jeunes ont raison de manifester et d’interpeler vigoureusement les responsables politiques. A moins d’un mois de la Conférence de Glasgow de 2021 sur les changements climatiques (Cop26 du 1er au 12 novembre en Ecosse), il faut maintenir la pression sur les décideurs pour que la défense du climat soit la priorité des priorités.

Mais dans ce débat, il faut aussi faire de la place au débat et ne pas exclure systématiquement les idées qui ne vont pas le sens voulu par la majorité. L’écologie n’est plus l’apanage d’un seul parti et toutes les contributions doivent être les bienvenues dans les discussions pour limiter et réduire les émissions de gaz à effet de serre. Dans ce débat, la production d’énergie est un des éléments de l’équation. Il faut promouvoir le mix énergétique incluant certes les énergies renouvelables, mais il ne faut pas tourner totalement le dos à l’énergie nucléaire de plus en plus sûr aujourd’hui. Maintenant qu’il est clair pour tout le monde qu’il faut sortir des énergies fossiles, notamment dans le transport routier, le nucléaire a sa place. En prenant même l’ensemble de son cycle de vie intégrant notamment les émissions relatives à l’extraction de l’uranium et au béton utilisé pour la construction des centrales, le nucléaire émet peu de gaz à effet de serre, largement moins que le charbon ou le gaz et, d’après les scientifiques, moins que le solaire.

Il faut promouvoir le mix énergétique incluant certes les énergies renouvelables, mais il ne faut pas tourner totalement le dos à l’énergie nucléaire.

La question des déchets fait l’objet de recherches tellement bien avancées que le nucléaire produit moins de déchets aujourd’hui et les risques liés au traitement des résidus du nucléaire sont mieux maîtrisés. Pourquoi donc l’exclure du débat si ce n’est pas pur dogmatisme, par manque d’ouverture d’esprit ou du pacifisme béat? Il accroît d’ailleurs sa part dans les scénarios identifiés par les experts du climat de l’Onu (Giec) pour contraindre le réchauffement climatique à 1,5° par rapport à la fin du 19ème siècle. Le débat est ouvert et il ne faut donc exclure personne.


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