ENERGIE

Energie : une décision pragmatique sur la fin du nucléaire

Les syndicats d’Engie Electrabel protestent contre la sortie du nucléaire de 2025. BELGA
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Le débat fait rage autour de la prolongation ou non de deux centrales nucléaires (Tihange 3 et Doel 4) au-delà de 2025. Normalement, une décision finale doit être prise par le Gouvernement fédéral en novembre quand à cette éventualité. On est déjà pratiquement à fin octobre et on ne sait pas trop dans quel sens souffle le vent. On ne sait pas où en sont les analyses devant aider l’exécutif fédéral à prendre position sur le dossier. C’est la bouteille à encre pour l’instant. Dans ce contexte, l’avis du Conseil supérieur de la santé (CSS) publié lundi conforte les opposants de l’atome dans leur volonté d’en finir avec les centrales nucléaires, mais il déclenche aussi une avalanche de critiques de la part des partisans d’un mix énergétique pour qui le nucléaire a encore un rôle à jouer dans la production d’électricité.

Dans ce dossier, une décision pragmatique doit être prise en tenant compte de plusieurs éléments. Tout d’abord, il y a le respect des objectifs que la Belgique s’est fixés en matière de réduction des émissions de CO2. A cet effet, la question est de savoir si le remplacement des centrales nucléaires par des centrales au gaz permettra à notre pays de tenir ses engagements. Visiblement non, car les centrales au gaz émettent aussi du CO2, bien plus que les réacteurs nucléaires dont le bilan total en la matière est pratiquement nul.

Un autre élément à ne pas perdre de vue est la sécurité d’approvisionnement énergétique de la Belgique. Ici, il ne faudrait pas que la sortie du nucléaire renforce encore plus notre dépendance vis-à-vis de pays étrangers (France, Pays-Bas, etc.) où la production d’électricité que nous serons amenés à importer sera encore produite au départ de l’atome. Après analyses, force est de constater que ces pays ont décidé de ne pas totalement tourner le dos au nucléaire et d’y investir. Par ailleurs, les sources d’énergies renouvelables sont-elles assez suffisantes ou suffisamment matures aujourd’hui ou le seront-elles d’ici 2025 pour nous garantir une sécurité d’approvisionnement d’énergie électrique ? La réponse à cette question est malheureusement négative.

Dans ce dossier, la seule qui s’impose est la prolongation des deux centrales nucléaires, à savoir Tihange 3 et Doel 4.

Corollairement à cette indépendance énergétique, il y a également la question du prix de l’électricité. Ici, tant les ménages que les entreprises sont logés à la même enseigne. Les prix ne cessent d’augmenter depuis des mois et c’est tout le monde qui est impacté. Les prévisions ne disent rien de bon sur une révision à la baisse.

Au regard de tous ces éléments qu’il convient de prendre en considération, il faut une décision pragmatique qui permette à la Belgique de sortir par le haut. Et la seule qui s’impose est la prolongation des deux centrales nucléaires, à savoir Tihange 3 et Doel 4. Par conséquent, l’avis du Conseil supérieur de la santé ne doit en aucun cas servir, seul, de base pour sceller définitivement le sort des centrales nucléaires en Belgique.

Certes, il ne doit pas être balayé d’un revers de main, car, d’après ses membres, le nucléaire ne répond pas aux principes du développement durable. Par ailleurs, ils estiment que « le risque d’un accident nucléaire grave ne peut être exclu, même dans les meilleures centrales nucléaires, et la Belgique présente à cet égard, une vulnérabilité spéciale en raison des caractéristiques des sites concernés ».

C’est un avis qui invite à la vigilance et à la prudence. Mais le risque zéro n’existe pas. Et c’est un avis. Il n’est pas suffisant pour arrêter une option. Il en faut d’autres.


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