POLITIQUE

Législative italienne : la favorite Giorgia Meloni ne convainc pas les moins de 35 ans

Dans un pays où il devient coutume ces dernières années que tout le monde, même les personnes plus improbables, puisse gouverner au gré des coups de cœurs politiques, l'Italie est à nouveau tombée amoureuse, cette fois de la postfasciste Giorgia Meloni. À 45 ans, Giorgia Meloni est la leader du parti d'extrême-droite Fratelli d'Italia, favorite dans les sondages pour succéder à Mario Draghi lors des élections législatives de ce dimanche 25 septembre. Si tel devait être le cas, elle deviendrait la première femme Première ministre en Italie. Ex-admiratrice de Benito Mussolini, elle deviendrait également la première cheffe de gouvernement d'extrême-droite en Italie depuis la chute du Duce en 1945, le fondateur du fascisme, proche du régime d'Hitler, entré dans la Seconde Guerre mondiale aux côtés de l'Allemagne nazie. « Nous défendrons Dieu, la patrie et la famille », ce slogan de Giorgia Meloni suffira-il à effacer dans les esprits d’un électoral volatile que c’est bien à la droite de la droite que Giorgia Meloni a bâti toute sa carrière politique ? Le suspens est à son comble dans la botte italienne alors que la candidate est peu plébiscitée chez les moins de 35 ans.

Giorgia Meloni est issue d'une famille relativement aisée résidant dans un quartier huppé de Rome. C’est sa mère, Anna Paratore, déjà militante à l’extrême de la droite, qui lui transmettra le goût pour la politique. A 15 ans à peine, celle qui deviendra la plus jeune vice-présidente du Parlement de toute l’histoire italienne découvre le Mouvement social italien (MSI), l’héritier du parti fasciste dissous à la fin de la Deuxième guerre mondiale. Elle fréquente les réunions de la jeunesse néofasciste et noue quelques amitiés solides. Elle ne cache pas alors son admiration pour le Duce.

Le coin le plus sombre de l’échiquier

Face à la caméra d’une équipe de France 3, venue tourner un reportage sur cette jeune militante de l’alliance de droite conduite par Silvio Berlusconi aux élections législatives de 1996, elle affirme : « Moi, je crois que Mussolini, c'était un bon politicien, tout ce qu'il a fait, il l'a fait pour l'Italie ». Parfois comparée à Marion Maréchal en France, que pensent les Italiens de Giorgia Meloni ? Est-elle une femme à la fois suffisamment forte pour redresser le pays et assez charismatique pour souder la société italienne minée par diverses crises ?

Si elle est élue, ce dimanche, apportera-t-elle des changements progressistes ? Au mois d’août dernier, elle déclarait au quotidien La Stampa : « il n’y aura aucune ambiguïté sur le fascisme de notre part : si nous gagnons, il n'y aura pas de dérive autoritaire. La droite italienne a relégué le fascisme dans l'histoire depuis des décennies ».

De Draghi à Meloni : une percée calculée

S’il fallait résumer les raisons de la percée politique de Giorgia Meloni ces dernières années en Italie, sans doute faudrait-il insister sur son refus de participer, en 2021, au gouvernement d’union nationale de Mario Draghi.
Alors que l’ensemble des partis politiques, y compris la Ligue du Nord de Matteo Salvini, acceptaient la main tendue de l’ancien président de la Banque centrale européenne, Giorgia Meloni choisit alors de faire de son parti, Fratelli d’Italia, le seul parti d’opposition. Un an et demi plus tard, le pari est en passe d’être gagné. Profitant du mécontentement des Italiens, face à une gauche fragmentée, la candidate aux législatives italienne est donnée favorite dans les sondages pour devenir la future Première ministre. Mais cela suffira-t-il ?

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